23 mars 2009

Crêpage de chignons

crepage_grande_taille

En relisant les commentaires d' un article que j'ai écrit il y a deux semaines s'intitulant "tic tac tic tac" je me suis fait la réflexion suivante : les mêmes fantômes hantent les féministes depuis 50 ans et il faudrait bien que cela change.
Le sujet de mon article portait sur l'organisation de la vie des femmes et honnêtement en l'écrivant je l'ai trouvé bien consensuel. Je ne m'attendais donc pas à ce qu'il soit le sujet de controverses. En les relisant ce qui m'a frappé ce n'est pas le contenu de ces critiques mais le fait que les arguments défendus sont presque les mêmes qui ont été à l'origine des dissensions entre féministes depuis le début des années 70.

Au départ, le féminisme s'est construit autour du refus de deux idées : celui de l'image traditionnelle de la femme et celui de son assimilation au modèle masculin.  Ces revendications ont débouché sur l'apparition des deux  principaux courants du féminisme, l'un posant comme priorité l'égalité entre les individus, l'autre réclamant à l'inverse l'affirmation de la spécificité féminine. En somme c'est surtout la place conférée à l'autre sexe qui divise le mouvement.
Je ne souhaite pas  émettre de jugement de valeur, seulement je trouve dommage que ces clivages restent encore aussi vivaces.

Je ne souhaite pas ici faire une analyse très approfondie du courant féministe et de son histoire notamment parce que je ne la connais pas suffisamment, mais je constate seulement que ces visions continuent d'opposer les féministes sur bien des sujets, comme par exemple la place de la femme en politique. En effet, certaines politiciennes ont considéré leur féminité comme un atout en soi, leur permettant d'aborder des questions sous un angle novateur alors que d'autres ont voulu être considérées comme des " hommes politiques " à part entière qui ne se verraient pas systématiquement refiler des portefeuilles tels que ceux des affaires familiales ou sociales, de l'éducation ou des postes subalternes à faible responsabilité.  J'espère que le féminisme de demain -et qui sait le nôtre?- permettra non pas de trancher mais de s'inspirer des deux courants pour en tirer la" substantifique moelle".

Alors je n'ai qu'une chose à dire : au boulot!!

Posté par matemonculot à 16:02 - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires sur Crêpage de chignons

    Nous avons besoin de votre culot!

    bonjour,je me fais chez vous la porte voix d'une initiative lancée par une blogueuse,MISSRAINETTE.
    Celle ci souhaite faire un hommage symbolique aux femmes de Kandahar qui ont fait preuve d'un grand courage dernièrement.
    Si vous voulez participer et relayer voici son blog qui explique les raisons et modalités de cette initiative:
    http://missrainette.typepad.fr/benedicte/

    Merci d'avance pour elles!

    Posté par Maquettes, 06 avril 2009 à 09:07 | | Répondre
  • je ne suis pas tout a fait d'accord avec vous sur tout point, mais votre phrase de conclusion résume bien le soucis : Au boulot ! Vive le féminisme, vive l'égalité entre homme et femme. Je ne suis pas contre l'image traditionnelle de la femme (ce n'est pas ca le feminisme) je suis contre si cela a été décidé consciemment ou non pas les hommes.

    Posté par cathy, 27 septembre 2009 à 11:50 | | Répondre
  • LA Femme ? Laquelle ?

    Voici un point de vue
    Le féminisme essentialiste se base sur la revendication de "qualités féminines", qui sont autant de boulets anti-émancipatoires que la société patriarcale a toujours pris soin d'enjoliver, de peindre en rose, et surtout... de réserver aux femmes.

    Pourtant, comme qualités humaines, elles ne sont pas du tout à rejeter. S'occuper des autres par exemple, ne devrait pas être imposé aux femmes en tant que femmes, ce qui arrive quand on fait du care une spécificité féminine, mais devrait être proposé à tou's comme une qualité humaine dans laquelle se reconnaitre.

    Ce n'est malheureusement pas envisageable tant que ces qualités seront imposées aux femmes par le partiarcat... ou par le féminisme essentialiste !

    Posté par Adrien', 04 janvier 2011 à 23:39 | | Répondre
  • des points forts

    N'étant pas née dans la marmite féministe, j'ai du mal à comprendre ces classements d'espèces.
    Mais trois points sont importants :
    - "je ne la connais pas suffisamment" (l'Histoire des femmes. Voilà comment nous perdons en efficacité : à chaque nouvelle génération, au lieu d'ajouter une action supplémentaire, on répète ce qui a été fait (sans le savoir), quitte à reprocher aux précédentes de n'avoir pas fait...
    - "la place des femmes en politique" : aucune femme ne devrait employer cette formule ! c'est consacrer qu'elles auraient une place, mais pourquoi ne parle-t-on pas de "la place des hommes", parce qu'ils continuent de l'accaparer au maximum ?
    - "politiciennes" : au masculin, le terme est péjoratif et on dit "hommes politiques" (c'est plus noble...)Celles qui pratiquent depuis longtemps la politique dans les partis ont dû faire leur trou malgré "eux", ou ont joué le même jeu en suivant les mêmes règles.
    Celles qui veulent faire de la "politique autrement" grâce à la parité ont le choix entre se laisser choisir pour le nombre qu'elles doivent atteindre, ou bien être des femmes politiques en refusant les vieilles pratiques.
    Et là c'est très très dur.
    Mais c'est à cela qu'il faut arriver pour que des femmmes au pouvoir puissent vraiment contribuer à faire des lois, à les faire appliquer (ex : salaires, inégalités, violences). Sinon, pipeau.
    Serrons les dents, e tsolidaires !

    Posté par fanchon, 10 décembre 2011 à 11:17 | | Répondre
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